Angoulême Bande Dessinée : le festival change de nom et (enfin) de braquet

Illustration d'une foule diversifiée en manifestation, avec des pancartes et des lunettes de soleil, dominée par les couleurs orange et turquoise.

Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, fondé en 1974, n’existe plus. Après l’annulation de l’édition 2026, l’événement renaît sous le nom d’« Angoulême Bande Dessinée ». Deux nouvelles directrices prennent les rênes pour janvier 2027 avec une promesse claire : replacer les artistes, et surtout les autrices, au centre du jeu.

Un nouveau nom pour tourner la page des scandales

On ne va pas se mentir : le FIBD sentait le renfermé depuis un moment. Selon franceinfo, le festival de la bande dessinée d’Angoulême change de nom et devient « Angoulême Bande Dessinée », après les polémiques de l’édition 2026. L’ancien organisateur, la société 9eArt+, a été liquidé.

Les accusations pleuvaient : dérives commerciales, management toxique, mauvaise gestion. Le point de non-retour ? Une ancienne salariée affirmant avoir été licenciée après avoir dénoncé un viol en marge du festival en 2024. On respire déjà mieux.

Femme aux cheveux blonds vue de dos lisant une bande dessinée dans un magasin rempli de comics affichés sur les étagères.

Ces dernières années, le milieu de la BD bruissait d’appels au boycott et de débats houleux sur la gouvernance et la place des autrices dans la programmation. Le changement de nom acté par la nouvelle équipe marque une rupture nette avec cette ancienne identité, comme Le Monde l’a détaillé lors de la présentation officielle.

Deux femmes aux commandes (oui, enfin)

Marie Parisot et Céline Bagot dirigent désormais le navire. Et ce casting nous fait franchement plaisir. Parisot est une ancienne cadre des éditions Dargaud et des Humanoïdes associés. Bagot a fondé le Pop Women Festival à Reims. Deux profils qui connaissent les rouages de l’industrie sans en reproduire les pires travers.

« C’est essentiel de replacer les artistes au centre de tout ce qu’on développe, en termes de mise en lumière, de rémunération » explique Marie Parisot. Elle ajoute que l’écoute des créateurs était « l’une de leurs revendications, sachant que jusque-là, c’était peu le cas ». Traduction : avant, on leur demandait juste de venir signer des albums entre deux portes pour un cachet misérable.

La nouvelle direction défend une vision « populaire, exigeante et inclusive ». Un vocabulaire qui tranche avec l’entre-soi masculin historique de certaines instances du 9e art. La production de l’événement a d’ailleurs été confiée pour cinq ans au groupe Morgane, déjà derrière les Francofolies de La Rochelle et le Printemps de Bourges, via une filiale dédiée baptisée M : BD.

À retenir : Le festival d’Angoulême renaît sous le nom « Angoulême Bande Dessinée », dirigé par deux femmes qui promettent de replacer les artistes et autrices au centre. La prochaine édition se tiendra fin janvier 2027.

Le rendez-vous de janvier 2027

L’historique Fauve d’or récompensera toujours le meilleur album chaque année. Mais l’emballage change. Rendez-vous du 28 au 31 janvier 2027 pour vérifier si les actes suivent les communiqués de presse. Sud Ouest rapporte que les partenaires publics et privés ont dévoilé les grandes lignes de ce retour à la mairie d’Angoulême, avec une attention particulière promise aux autrices.

Pourquoi on y croit (un peu)

Un logo neuf et un nom raccourci ne lavent pas vingt ans de gestion calamiteuse. Mais voir deux femmes issues du milieu prendre la tête d’un événement mondial de la BD, en promettant publiquement de payer correctement les artistes et d’écouter leurs alertes, ça change la donne. Le secteur culturel français adore recycler les mêmes directeurs blancs quinquagénaires de crise en crise. Angoulême Bande Dessinée brise ce schéma. Reste à surveiller la programmation réelle de janvier 2027 pour confirmer que l’inclusivité ne s’arrête pas au dossier de presse.

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